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Il est évident que « Valérian agent spatio-temporel » est ma bande dessinée favorite, et ce depuis l’adolescence. Merci à Messieurs Mézières et Christin d’avoir enchanté ma jeunesse avec leurs magnifiques histoires, et beaucoup plus récemment, merci à Monsieur Besson pour avoir donné vie au cinéma à un des épisodes de cette saga majeure de la bande dessinée européenne. Similitudes, je dis oui ! Mais sans plagiat.

Nous sommes dans deux univers bien différents. Celui de Valérian et Laureline est celui du voyage dans l’espace et le temps, à constamment devoir surveiller, et empêcher des irrégularités propices à bouleverser une continuité spatio-temporelle. Celui de Projet Tau Ceti est plus conventionnel. On ne voyage que dans l’espace, pas dans le temps, donc pas de risques d’uchronies ! Je dois bien reconnaître que ce n’est nullement mon terrain de prédilection.

Venons-en maintenant au côté humain, relationnel, sentimental. Des deux côtés, c’est au cours d’une première aventure écrite que se forme le binôme. Chez Valérian, c’est dans la première BD de la série (la numéro 0 pour être précis) « Les mauvais rêves » que notre héros rencontre celle qui deviendra sa dulcinée. La belle Laureline, une princesse sans trône, issue d’un Moyen-Âge peuplé de sorciers et de licornes, va se retrouver embarquée pour le 28° siècle, et Galaxity, la cité qui assure la surveillance du bon déroulement du flux temporel.

Dans « Projet Tau Ceti », c’est dans le tome 1 « Projet Tau Ceti » que notre Erwann Kermadec va rencontrer la belle Morgane Lafayette. Tiens, curieusement, ça se passe au 28° siècle également… De coéquipiers, ils ne tarderont pas à devenir amants, pour ensuite unir leurs vies dans les sacrements du mariage et fonder une famille.

Le contexte, comme je l’ai dit, est très différent, néanmoins, d’autres similitudes subsistent. L’exotisme de certaines planètes, l’aspect cosmopolite de nombre de cultures extraterrestres, des créatures bizarres, fantastiques. On voyage dans les étoiles, on côtoie des personnages hauts en couleurs, souvent bien originaux, voire clairement en marge du système.

Dans le film « Valérian et la cité des mille planètes », la séquence dans Big Market fait clairement penser à un passage de mon volume 2 « Ombres et Lumière » (que l’on retrouve dans la tétralogie « Orin »), celui où Erwann et Morgane se rendent à l’incroyable marché permanent de Hélénos, une planète aride à la frange de la civilisation terrienne, orbitant autour de l’étoile Luyten 789. Monsieur Besson aurait-il lu « Ombres et Lumière », sorti en premier tirage en septembre 2011 ?!… Pour rappel, le marché permanent de Hélénos se tient toute l’année locale, et s’étend entre les deux principales cités de cette colonie, cités distantes de 100 km l’une de l’autre. Une ville de toile, d’auvents, d’échoppes, de yourtes, de pavillons de bois, et de coques de vaisseaux spatiaux oubliés. C’est lors de leur première visite là-bas que Erwann et Morgane vont faire l’acquisition, chez un marchand de koo-goo de Ross 128, du petit Nelson, qui ne tardera pas à devenir nettement plus grand…

L’érotisme est parfois bien mis en avant dans mes proses, c’est mon choix. J’aime décrire des moments sensuels, tout en restant dans le bon goût, mais aussi avec humour et poésie. Chez Valérian et Laureline, ce côté est plus discret et suggéré. Un autre choix.

Je pense ici avoir fait le tour, dans les grandes lignes, des similitudes entre deux univers très attachants, riches de mille choses et très originaux. Je vous recommande leur découverte.

Bon, Monsieur Besson, quand tu veux faire un film avec « Projet Tau Ceti », on s’appelle et on se fait une bouffe !